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Eric van de Poele (1991-1993)     Print

 Présentation 

Eric van de Poele est un pilote automobile belge né le 30 septembre 1961 à Verviers. 

Il a commencé sa carrière automobile en 1983, en remportant le volant Avia La Châtre. Dès l'année suivante, il courra en Formule 3 en France. 

Eric van de Poele est l'un de ces pilotes éclectiques, capable de s'imposer dans toutes les disciplines, comme le furent les Belges Thierry Boutsen et surtout Jacky Ickx avant lui. Ainsi Il a été champion DTM en 1987 et est le détenteur du record de victoires aux 24 heures de Spa, avec cinq succès.

Mais nous ne intéresserons ici qu'à sa carrière liée à la Formule 1. En 1986, il participe à trois courses de Formule 3 anglaise, tandis qu'en 1987 il participe au championnat d'Allemagne de Formule 3. En 1989, van de Poele dispute sa première saison en championnat intercontinental de Formule 3000 au sein de l'écurie GA Motorsports. Il termine cinquième du championnat. 

En cours de saison, avant le grand prix de Belgique à Spa, des contacts sont pris entre Eric van de Poele et l'écurie Coloni pour participer au grand prix de Belgique. Mais cela n'aboutira à rien de concret, officiellement pour non possession de la super-licence nécessaire pour rouler en Formule 1. Mais la Coloni n'avait aucune chance de se préqualifier, vu la qualité très décevante de la voiture et le nombre de voitures devant participer aux préqualifications. Mais sans doute cela valait mieux ainsi pour Eric, qui n'avait vraiment pas fait le forcing pour obtenir ce volant (et la super-licence...), une première expérience en Formule 1 qui, si elle s'était concrétisée, lui aurait finalement plus desservi qu'autre chose dans la suite de sa carrière.

La saison suivante, en 1990, toujours en Formule 3000, il décroche trois victoires (Pau, Birmingham et Nogaro) et devient vice-champion de la discipline, derrière Erik Comas mais devant Eddie Irvine et Allan Mc Nish. Cet accessit lui permet alors d'espérer d'être engagé par une écurie de Formule 1.

Pourtant, rien n'est moins sûr. Eric van de Poele est belge, pays qui n'intéresse pas spécialement les grands sponsors ou les motoristes. De plus, en 1991, fait tout à fait exceptionnel, deux Belges sont déjà inscrits pour la saison de Formule 1 : Thierry Boutsen, en partance de chez Williams engagé chez Ligier, avec comme coéquipier Erik Comas, le champion sortant de Formule 3000 et Bertrand Gachot, qui a signé chez Jordan.

Heureusement à l'époque, le nombre de voitures de formule 1 était important : lors de la première course de 1991 aux USA, 18 écuries (34 voitures) composent le plateau. L'avantage est de pouvoir offrir un nombre de places important aux pilotes candidats, mais le revers de la médaille est le système de préqualifications pour limiter à 30 le nombre de pilotes pouvant participer ensuite aux qualifications des 26 places sur la grille.

Tintin et la Lambo bleue 

En 1990, Mauro Forghieri, ingénieur figure de proue de Ferrari de nombreuses années, est mandaté pour concevoir une Formule 1 entièrement Lamborghini : moteur V12 et châssis. Cette Formule 1 doit être financée par le consortium mexicain Glas, regroupant plus d'une cinquantaine d'entreprises et dirigé par Francesco Gonzales Luna. Celui-ci compte confier le volant de la monoplace au pilote mexicain Giovanni Aloi. La Lambo V12 fait ses premiers tours de roues aux mains du pilote d'essais Mauro Baldi, champion du monde de Sport-Prototypes en 1990. La Lambo-Glas 291 finalisée doit être présentée en grande pompe sur le circuit Hermanos Rodriguez de Mexico à l'occasion du Grand Prix de Formule 1 1990. Mais une semaine avant l'événement, on apprend que Gonzales Luna est en fuite et recherché par Interpol pour une implication dans un trafic de drogue.

Forghieri se retrouve donc avec une voiture terminée mais sans aucun financement pour l'engager en course. Le riche industriel italien Carlo Patrucco, vice-président de la Confindustria (le syndicat patronal italien) décide de reprendre le projet à son compte sous le nom de Modena Team. Patrucco et ses amis entrepreneurs engagent la voiture au championnat du monde 1991, sur leurs propres deniers, en espérant que les futurs bons résultats permettront d'intéresser d'éventuels sponsors. Les châssis, chaussés en Goodyear, sont baptisés Lambo 291.

Cette écurie Lambo-Modena est l'une des deux nouvelles écuries de Formule 1 cette année en compagnie de la prometteuse Jordan. De nombreux pilotes sont contactés et Eric van de Poele sera, en compagnie de l'Italien Marco Apicella, 5e au classement final du championnat de formule 3000 de l'année dernière, les deux derniers pilotes qui procéderont aux tests en vue de seconder Nicola Larini, pilote expérimenté et engagé en tant que premier pilote de l'écurie.

Le suspens fut intense, d'autant que le Belge ne partait pas favori. Les apports financiers apportés par Apicella étaient plus importants que ceux de van de Poele, et de surcroît Apicella était de nationalité italienne, comme la nouvelle écurie, basée à Modène, ainsi que son motoriste Lamborghini.

Van de Poele avait deux autres désavantages : d'abord son âge, 29 ans, considéré comme déjà âgé pour commencer dans la discipline reine du sport automobile. En comparaison, son coéquipier Larini, qui en était pourtant à sa 4e saison de formule 1 en 1991, était de plus de deux ans son cadet.

Ensuite sa taille, qui ne lui permettait pas toujours de s'installer confortablement dans les monoplaces : ce fut particulièrement le cas chez Lambo, la voiture et son châssis ayant été construits en tenant compte du gabarit du (petit) mexicain Aloi, qui, de plus, pilotait très proche du volant.

Comme lu dans la presse en ce début 1991, même son nom était un handicap ! A l'époque quasiment tous les pilotes de Formule 1 avaient un nom court d'une ou deux syllabes (Senna, Prost, Piquet, Boutsen, Gachot...), le nom à rallonge d'Eric, imprononçable pour nos amis français ("vent de poëleuh") n'était pas le plus facile sinon à retenir, du moins à prononcer.

Mais Mauro Forghieri opta finalement pour Eric, impressionné par son pilotage et ses capacités de metteur au point. Ses résultats en F3000 l'année précédente, bien devant Apicella ont également joué en sa faveur.

Mais c'est surtout le travail remarquable du manager d'Eric, Pascal Witmeur, qui aura permis à Eric de pouvoir s'assoir au volant de la Lambo au premier GP de 1991 à Phénix aux USA. Parvenant à convaincre les sponsors d'Eric (dont le très fidèle Lease Plan) et les pontes de l'écurie Lambo, son rôle aura été déterminant. Et il le sera encore dans la suite de la (trop courte) carrière en formule 1 d'Eric van de Poele...

 


Dans la presse belge, des photos de la Lambo 291, presque vierge de tout sponsor, sous sa couleur bleu électrique, à côté de laquelle posait Eric van de Poele avait de quoi impressionner. Le journal de la Dernière Heure titrait : "Tintin et la Lambo bleue" en première page de l'insert des Sports, en clin d'oeil à la ressemblance physique d'Eric (et sa gentillesse) avec le héros de bandes dessinées belge.

Mais on savait que les choses n'allaient pas être  simples pour les nouvelles écuries, dont Lambo, puisqu'elles devront participer aux préqualifications évoquées ci-dessus : sur les 8 voitures au départ, seules 4 seulement pourront participer aux séances de qualifications. 

Et ce sera encore plus difficile pour les deux Lambo inscrites. Si les Fondmetal d'Olivier Grouillard et la Coloni de Pedro Chavez n'étaient pas des foudres de guerre, il en allait autrement pour les Dallara (Scuderia Italia) de Lehto et de Pirro et les Jordan de Gachot et de de Cesaris.

Les Dallara allaient être généralement assez décevantes en course, mais, bien aidées par leurs pneus Pirelli, étaient performantes en séances de (pré-)qualification. Ce qui n'arrangeait pas spécialement Lambo ! De plus, Jordan, l'autre écurie nouvellement engagée en 1991, alignait des voitures particulièrement bien nées : si ce n'est au premier GP aux USA où de Cesaris ne parvint pas à se préqualifier, toutes les autres tentatives de préqualification de l'année furent fructueuses pour les deux pilotes Jordan.

Larini profita du faux-pas de de Cesaris en se préqualifiant, puis en se qualifiant sur la grille de départ à une très belle 17e place. Pour Eric, par contre, cette première expérience des préqualifications fut un échec complet, bon dernier de la séance, relégué à près de 5 secondes d'olivier Grouillard sur Fondmetal. Il faut dire qu'il n'a pas eu de chance, lors de son tour lancé, une personne, récemment sortie d'une clinique psychiatrique de la région, n'a rien trouvé de mieux que - après avoir déjoué la surveillance des stewards - de se placer sur la piste sur la trajectoire d'Eric, apparemment en vue de se suicider... L'intervention in extremis des stewards empêcha ce funeste dessein, mais la séance de préqualifications d'Eric était irrémédiablement gâchée. Lors de la course, Larini parvint à arracher la 7e place : une aubaine pour la jeune écurie, qui savait que tous les résultats comptaient dans le cadre des préqualifications en seconde partie de la saison, où un nouveau classement allait être fait sur base des résultats à la fois des 8 premiers grands prix de la saison en cours, et des 8 derniers de la saison précédente.

Eric van de Poele fit nettement mieux lors de la séance de préqualifications suivante au Brésil, où il échoua à la 5e place, la première place non-qualificative, derrière les Dallara et les Jordan, mais plus d'une seconde devant son équipier Larini.

Mais c'est au grand prix suivant, à Imola (Saint Marin) que la chance lui sourit enfin. L'écurie Lambo-Modena y jouait à domicile, c'était donc particulièrement important pour elle, d'y briller, sponsors obligent.

C'est sur cette piste très technique, difficile, voire dangereuse (on se souviendra des accidents de 1994, qui ont coûté la vie de Senna et Ratzenberger) qu'Eric van de Poele y réalisa un véritable exploit.

Préqualifié en 4e position, derrière les deux Jordan et la Dallara de Lehto, mais parvenant à devancer de deux dixièmes la Dallara de Pirro, premier non préqualifié, il obtint la 21e place sur la grille de départ : cette fois, ça y était : il était au départ du premier grand-prix de sa carrière. Pour les Belges, le bonheur était total, Gachot, pré-qualifié en 3e position rejoignait aussi Boutsen sur la grille de départ : il y aurait bien trois Belges au départ de ce grand prix de Saint Marin !

Le départ devait commencer sous une faible pluie : de nombreux pilotes ont été surpris par le peu d'adhérence de la piste, que ce soit par un tête à queue les mettant hors course dès le tour de chauffe, comme Prost, qui n'a jamais aimé la pluie, ou dans les premiers tours, comme Piquet, Suzuki ou autre Alesi, ou encore comme Mansell victime d'un accrochage avec Brundle.

A l'issue du premier tour, Eric van de Poele était déjà pointé en quinzième position. Il faut dire que les pilotes belges sont généralement naturellement doués sous la pluie; on se souviendra des deux victoires de Thierry Boutsen sur les trois de sa carrière qui ont eu lieu dans des conditions dantesques, au Canada et en Australie en 1989, et surtout de Jacky Ickx, qui a toujours été impérial sous la pluie, et dont la première victoire en France en 1968 eut lieu aussi sous la pluie.

Mais la piste s'asséchait au fur et à mesure que la course se poursuivait, et, si les pilotes n'allaient plus à la faute, des abandons pour cause technique cette fois, limitaient le nombre de participants, si bien qu'Eric se retrouva 10e après 9 tours, 6e au 42e tour, avant de pointer à la 5e place au 55e tour, suite à l'abandon de Moreno sur la Benetton ! Boutsen, auteur lui aussi d'une très belle course, était revenu dans le sillage d'Eric Van de Poele, après avoir pris le meilleur sur les deux Lotus d'Hakkinen et de Bailey : la Belgique allait avoir deux de ses trois pilotes dans les points ?

Las, le moteur Lamborghini V12 de Boutsen (le même moteur que celui des Lambo) était à l'agonie, et le bruit qu'il faisait ne laissait aucun doute quant à la suite. S'il put finalement terminer la course, il dut relaisser passer les Lotus, qui pointaient désormais à près d'un tour de Van de Poele à l'issue de son dernier tour !

Malgré la déception pour Thierry Boutsen, l'excitation était présente chez tous les spectateurs belges, ainsi qu'au sein de l'équipe Lambo, pour qui la cinquième place d'Eric et les deux points au championnat étaient synonymes d'intérêt des sponsors éventuels, de rentrées financières et d'éviction des préqualifications en seconde partie de la saison, pour les 8 derniers grand-prix !

Hélas, il y eu un tour de trop pour Eric. Le moteur de la voiture commença a avoir des ratés et à se couper par intermittence. Eric secoua la voiture, pensant à une panne d'essence, alors qu'il hurlait dans le micro à son équipe demandant ce qu'il devait faire. Dans l'avant-dernier virage, le Variante Bassa, le moteur coupa net, Eric n'avait plus qu'à ranger la voiture sur le bas côté de la piste, c'était encore trop loin de l'arrivée que pour espérer pousser la voiture jusqu'à la ligne comme l'avait fait Boutsen en 1985 sur cette même piste et ainsi monter sur son premier podium. Il ne lui restait que ses yeux pour pleurer. Malgré son abandon, il sera quand même classé 9e de la course.

Mais la performance d'Eric à Imola n'était pas passée inaperçue, même si le résultat espéré jusqu'au dernier tour n'était pas au rendez-vous. 

Certains ont douté du résultat obtenu à Imola, et avançaient même que la panne avait été simulée, pour éviter que la voiture soit pesée à l'arrivée. Celle-ci devait être, toujours selon leurs dires, en deçà du poids réglementaire, comme l'avait sans doute fait Jordan aux essais d'avant saison de 1991 (durant lesquelles il n'y avait pas de contrôle) afin d'attirer les sponsors avec des performances surévaluées. Il n'en est évidemment rien, la déception sur les visages d'Eric, de son entourage et de son équipe ne pouvaient pas être feintes.

Highlights : Imola 1991 : 

 

Quoiqu'il en soit, cette cinquième place à Imola aurait peut-être changé la suite de sa carrière - on ne le saura jamais - mais beaucoup, dont lui-même en sont convaincus aujourd'hui.

La suite de la saison fut de plus en plus difficile pour l'écurie Lambo. Les performances de la voiture déjà forts modestes, n'évoluaient pas, malgré l'essai de nouvelles adaptations du châssis comme de nouveau pontons plus classiques, alors que la Fondmetal d'Olivier Grouillard parvenait à se mêler aux meilleurs lors des séances de préqualifications, réduisant à néants les espoirs de préqualification des deux pilotes Lambo.

A partir du grand prix d'Allemagne, 9e grand prix de la saison, et suite aux résultats de Larini aux USA et de van de Poele à Saint-Marin, les deux Lambo étaient exemptées de préqualifications, donnant un maigre espoir à l'équipe de pouvoir se qualifier. Si Larini parvint à s'en extirper de justesse 4 fois (avec comme résultat deux maigres 16e place à l'arrivée et autans d'abandons), Eric van de Poele ne parvint plus à rééditer l'exploit de se qualifier, ses 8 dernières séances de qualification se soldant par des 29 ou des 30e places aux essais, places non qualificatives. 

Entre Ange... et Daemon. 

L'équipe Modena-Lambo, à court d'argent, doit mettre la clé sous le paillasson durant l'hiver, forçant Eric van de Poele à trouver un autre volant pour 1992. Toujours aidé par son manager et ami Pascal Witmeur, un contrat est signé avec l'équipe Brabham pour 1992.

 



L'équipe Brabham, écurie solide dans le passé a raflé à deux reprises le titre des Constructeurs (en 1966 et 1967) et qui a donné plusieurs titres de champion du monde des Conducteurs dans le passé, la dernière fois en 1983 avec Nelson Piquet, n'est plus que l'ombre d'elle même en cette saison 1992. Depuis la fin des années 80, les résultats de l'écurie sont en chute libre... Et les moyens financiers aussi.

Pour 1992, l'écurie Brabham conçoit un  nouveau châssis, le BT60B et choisit le moteur Judd V10, sensé être l'équilibre entre le moteur Judd V8 de 1990, jugé un peu court, et le lourd Yamaha V12 de 1991. Outre les sponsors apportés par Eric van de Poele, l'écurie choisit de s'associer avec Giovanna Amati, une femme pilote. Depuis 1980, (avec Désiré Wilson), plus aucune femme pilote n'avait été engagée pour un grand prix de Formule 1. En quête de sponsors, l'écurie britannique espère ainsi un coup de projecteur médiatique.

Pour sa première course de 1992, en Afrique du Sud, Eric van de Poele parvient à se qualifier de justesse à la 26e et dernière place qualificative de la grille. Il terminera la course, à une très modeste 13e place. Sa coéquipière Amati est complètement "à la ramasse" : elle concède près de 4 secondes à Eric et termine bonne dernière de la séance qualificative. Les deux courses suivantes, ni Eric, ni Giovanna Amati ne parviendront à se qualifier, Amati concédant encore 4 secondes à Eric au Mexique et 5 secondes au Brésil.

L'arrivée de sponsors éventuels liés à la présence d'Amati n'étant qu'un mirage et vu les très faibles prestations de la piote italienne, l'écurie Brabham se sépare de sa pilote et engage Damon Hill, pilote d'essai chez Williams en 1992, fils du double champion du monde Graham Hill (en 1962 et 1968). La livrée de la Brabham change aussi complètement : de blanc et bleu, couleurs classiques ces dernières années chez Brabham, les couleurs passent au bleu clair, bleu foncé et rose foncé, avec l'arrivée de nouveaux sponsors et capitaux, essentiellement japonais. 

Lors de la course suivante, en Espagne, ni van de Poele, ni Hill ne parviendront à se qualifier, Damon étant relégué à près d'une seconde d'Eric. Les deux équipiers feront jeu égal lors du grand prix de Saint Marin et à Monaco, Eric échouant de peu à la 27e place, première place non qualificative, à 36 malheureux petits millièmes de seconde derrière l'étonnant Roberto Moreno, réussissant l'exploit de qualifier la très modeste Andrea Moda sur la ligne de départ du prestigieux circuit de la Principauté.

Eric dominera encore son équipier au Canada et en France de plus d'une seconde, mais toujours sans réussir à se qualifier. Hill parviendra enfin à se qualifier de justesse pour son grand prix national en Angleterre. Après une double non-qualification en Allemagne, Eric van de Poele décide de quitter le navire, sentant bien que cela sent l'halali pour l'écurie anglaise, qui effectivement ne disputera qu'une dernière course en Hongrie avec comme seul pilote Hill, Eric n'étant pas remplacé pour cette dernière course.

Enfin une voiture performante, mais... 

Eric van de Poele rejoint donc, dès le grand prix de Hongrie, l'équipe Fondmetal, dont le châssis GR02, utilisé cette saison depuis le grand prix du Canada, est une belle réussite. La voiture est mue par le moteur Ford V8 HB5, celui-là même utilisé par Benetton en 1991. Eric remplace Andrea Chiesa, décevant cette première partie de la saison, n'étant parvenu à se qualifier qu'à trois reprises sur les 10 premières courses de la saison, alors que son équipier Gabriele Tarquini, est parvenu à se qualifier à 10 reprises, même si cela a conduit à 9 abandons en course.

 




Directement à l'aise avec sa nouvelle monture, Eric se qualifiera à une très belle 18e place, à 6 dixièmes de son équipier Tarquini. 

Avec Gachot et Boutsen, la Belgique compte donc à nouveau trois pilotes sur la grille de départ de formule 1 ? En fait, non, Gachot ayant opté de rouler depuis cette année 1992 sous licence française.

Malheureusement les deux pilotes Fondmetal seront contraints à l'abandon dès le premier tour, s'éliminant mutuellement pour éviter les deux Ligier de Boutsen en Comas parties en toupie après un accrochage. Même si Eric tentera de repartir, il sera contraint à l'abandon définitif au second tour. Outre les deux pilotes Ligier et les deux pilotes Fondmetal, la Lotus d'Herbert ne pourra pas éviter le tête à queue et sera lui aussi contraint à l'abandon.

Le Grand Prix de Belgique sourira plus à Eric van de Poele. Après avoir qualifié sa Fondmetal en 15e position sur la grille de départ, Eric amènera sa voiture à l'arrivée en une très belle 10e place, le meilleur résultat de l'année pour lui et pour l'écurie Fondmetal, alors que son équipier était réduit à l'abandon, sur problème moteur.

Tarquini et van de Poele parviendront encore à se qualifier pour le grand Prix d'Italie, mais plus loin sur la grille de départ, Eric devant se contenter de la 25e place sur la grille. Mais un problème d'embrayage devait ruiner ses espoirs dès le premier tour, alors que son équipier devait lui aussi abandonner 30 tours plus tard sur boîte de vitesse.

Exsangue financièrement, l'écurie Fondmetal devait mettre la clé sous la porte. Conscient du potentiel de la voiture (en fait la meilleure Formule 1 conduite par Eric van de Poele durant sa carrière en Formule 1), Pascal Witmeur aura bien essayé de reprendre l'écurie, mais faute d'investisseurs, il devra y renoncer.

Outre Fondmetal, et Brabham depuis le grand prix de Hongrie, March et Andrea Moda renonceront en cette fin 1992. En 1993, seulement une nouvelle écurie, Sauber, sera engagée en Formule 1. Les places devenues rares, Eric ne trouva qu'une place de pilote d'essai chez Tyrell pour 1993. Il n'eut malheureusement plus la chance de rouler une nouvelle fois en Formule 1 en course, alors qu'il avait le talent nécessaire. Le jeu au moins égal qu'il aura fait avec Damon Hill, futur champion du monde quatre ans plus tard, le prouve bien.

 

 


 

L'année 1993 commencera donc sans pilote belge (ou assimilé) au départ, la première fois depuis 10 ans. Boutsen sera néanmoins appelé en cours de saison pour piloter la Jordan jusqu'au grand Prix de Belgique tandis que Gachot devait revenir en 1994 au volant de la Pacific-Ford.

Résumé d'Eric van de Poele en Formule 1 en 1991 et 1992 (en course)

 

 

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