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Mauro Bianchi (1968)     Print

 Présentation 

Mauro Bianchi est né le 31 juillet 1937 à Milan.
 
C’est le frère de Lucien Bianchi, qui s’est illustré en Formule 1 et en endurance, entre autres, et aussi le grand-père de Jules, décédé en 2015 des suites de son accident au Grand Prix de Suzuka en 2014, après de nombreux mois passés dans le coma.
 
Si son frère Lucien a opté pour la nationalité belge, Mauro a opté quant à lui pour la nationalité française. Cependant, il a couru sous licence belge. 
La famille Bianchi quitta l'Italie en 1950 : le père de Lucien et Mauro travaillait comme mécanicien pour le pilote belge Johnny Claes, premier pilote belge de l’histoire à rouler en Formule 1 dès la première année de la création de la discipline en 1950 (sur Tabot Lago). Ce dernier permit à Lucien d'effectuer ses premières armes en sport automobile. Son cadet, Mauro, suivra bientôt ses traces en abordant la compétition pour le compte de l'Écurie Nationale Belge : Formule 2 en 1960 sur une Cooper-Climax, puis une épreuve de Formule 1 hors championnat du monde l'année suivante (le Grand Prix de Modène) sur Emeryson-Maserati ; il ne parvint cependant pas à se qualifier.
 
Il couru en Formule 3 de 1964 à 1967 avec de bons résultats et trois victoires à son actif (64 et 66). Mauro Bianchi rejoignit la jeune équipe Alpine-Renault en 1964. Il se partagea dès lors entre plusieurs catégories : Formule 3, Formule 2 et endurance.
En Formule 2, l'Alpine ne put malheureusement jamais rivaliser avec les monoplaces britanniques ou les Matra (5e à Pau, 6e à Vienne).
 
 L'Alpine A350 :


 
Alpine se lança en 1968 dans un projet F1. Poussé par Elf, la firme de Dieppe se lança dans la construction de l'A350. Elle fut dessinée par Richard Bouleau ainsi que par quelques ingénieurs Michelin... à l’insu de Renault : monoplace construite presque “en cachette”, avec un châssis assez révolutionnaire pour l’époque, dotée pour la première fois de pneus Michelin radiaux.
Des essais privés auront lieu, sur les circuits de Zolder et à Zandvoort (juste après le dernier Grand Prix F1) ce qui aura permit à Mauro Bianchi de montrer les qualités de cette F1 expérimentale.
Mauro Bianchi a réussi des chronos lors de ces essais qui auraient permis de placer la voiture au milieu de la grille de départ des Grands Prix précédents; ce qui, avec les 300 CV du moteur, un Gordini 8 cylindres prévu pour les 24 Heures du Mans, à comparer aux 420 CV des meilleures F1 de l’époque, était très prometteur.
Un des atouts de cette voiture était la suspension révolutionnaire, mise au point entre autres par Mauro himself : il déclara par ailleurs que la tenue de route de la voiture était tout simplement "extraordinaire". 
 
Décision est alors prise d’engager la voiture au Grand Prix de France, à Rouen. Alors qu'on attend avec impatience du côté de chez Alpine le Grand Prix de France, Renault va s'opposer à cette participation, par télégramme reçu le mardi avant la course, jugeant que le V8 Gordini ne ferait pas le poids face au Cosworth et que la Formule 1 ne reflète pas l'image de Renault.
 
Le projet est donc abandonné, et l'A350 détruite. Une belle histoire, avec une fin somme toute malheureuse... Comme toutes les belles histoires d’amour ?
Mauro Bianchi abandonnera la compétition automobile peu après, en 1969, suite au décès en essais en vue des 24h du Mans de son frère Lucien.
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