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Teddy Pilette (1974, 1977)     Print

 Présentation 

Teddy Pilette est né le 26 juillet 1942 à Bruxelles. Il fait partie d’une famille pour laquelle la course automobile a toujours été une passion.

Son grand-père, Théodore Pilette (dont il reprendra le nom mais se fera surnommer Teddy), était un coureur automobile, pionner en quelque sorte, au tout début du 20e siècle. Il s’illustrera entre autres aux célèbres 500 miles d’Indianapolis, il se classera 5e, sur une voiture pourtant moins puissante que la concurrence.

Son père, André Pilette, a fait une carrière en Formule 1 : il a disputé notamment 9 Grands Prix de championnat du monde de Formule 1 entre 1951 et 1964 où il a inscrit un total de 2 points. Il a également disputé plus de 30 courses de Formule 1 hors-championnat et a aussi à son actif quelques places d'honneur aux 24 Heures du Mans.

Teddy Pilette commence sa carrière en sport mécanique par le karting. Il se fait remarquer par Jim Russell et intègre son école de pilotage. Cette expérience lui permettra de jouer dans les films Grand Prix et Le Mans. Il s'engage ensuite en Formule Junior et signe avec l'écurie Abarth Corse en Sport où, en 1963, il remporte avec Hans Herrmann les 500 km du Nürburgring, un mois après une victoire en DARM sur le circuit de Solitude avec son Abarth-Simca 1300 GT. En 1965, il gagne le championnat belge de voitures de sport, puis il finit troisième des 24 Heures de Spa la saison suivante. En 1967, Pilette signe avec l'écurie belge Racing Team VDS pour laquelle il gagne une course à Jarama en 1969 et surtout en 1970 les Coupes de l'ACIF à Montlhéry puis avec Gustave Gosselin les 500 kilomètres de Vila Real en 1970 sur une Lola T70 MkIIIb. Entre temps il a remporté les Coupes de Benelux et le Trophée de la mer du Nord en 1968 sur Alfa Romeo T33/2 avec VSD. Il retrouve la monoplace à partir de 1971 en terminant deuxième sur le Nurburgring à bord d'une McLaren M8C sur 300 kilomètres, puis en s'engageant en Formule 5000. Il en remporte le championnat britannique en 1973 (en fait organisé avec des circuits européens) sur une Chevron B24 et une Mc Laren M18, à moteur Chevrolet du team VSD, et il récidive en 1975, cette fois avec une Lola T400-Chevrolet, toujours pour le Racing Team VSD.

Une Brabham BT42C, déguisée en BT44 !

Fort de son titre au Championnat de Formule 5000 en 1973, et après deux Grands Prix hors-championnat avec des Chevron B24 et B28 (en fait des Formule 5000), Teddy Pilette accède enfin à la Formule 1 pour son Grand Prix national sur le circuit de Nivelles.

Bernie Ecclestone, alors propriétaire de l’écurie lui a en effet confié une des Brabham, une 3e, en plus des deux voitures des pilotes habituels (Reutemann et von Opel). La BT44 fait des merveilles cette année aux mains de Carlos Reutemann : le pilote argentin vient de gagner récemment le Grand Prix d’Afrique du Sud.

Hélas, ce ne sera pas une BT44 qui sera confiée à Teddy Pilette mais une BT42, même si elle a été “maquillée” en BT44 : vieillissante, la BT42 n’a pas la même compétitivité que la BT44.Vu le soutien financier apporté par son sponsor Hitachi, qui habille la Brabham de Reutemann en plus de la sienne, Pilette aurait quand même pu prétendre à une BT44...

Teddy Pilette dut attendre la dernière journée des essais pour enfin véritablement tester la Brabham et non plus se contenter d’essayer sa position dans un cockpit de Formule 1 équipée de pneus insolites. Il testa la BT44 numéro 8, celle de Rikky von Opel : légère, homogène, un freinage incroyable, cela changeait énormément des Formule 5000 qu’il avait l’habitude conduire.Au volant de la Brabham BT42 (avec le numéro 34), il se qualifie à la 27e place sur les 31 disponibles, à 4 secondes du poleman Clay Regazzoni. Outre le fait de n’avoir pu disposer que d’une BT42, le fait d’avoir un équipier comme Reutemann qui, fort de sa victoire en Afrique du Sud, qui de fait avait tous les ingénieurs et membres de l’écurie Brabham dévolu à sa cause n’ont pas aidé le pilote belge.

Les premiers essais s’étaient pourtant bien déroulés : Teddy Pilette avait signé le 7e temps, aidé par des conditions météorologiques changeantes. A l’issue de la première journée,Teddy est pourtant le plus rapide des trois Brabham engagées ! Mais la hiérarchie “classique” reprendra ses droits le lendemain, où malgré des réglages de rapport de boîte plus courts, Teddy Pilette ne réalisera que le 27e temps sur 32 avec 1’14”05. Mais Reutemann, sur la BT44 ne le précède que de 6 dixièmes de seconde : avec le matériel mis à disposition, pour son premier Grand Prix, Teddy Pilette s’en est sorti néanmoins avec les honneurs.

Sa course est moyenne. Bien parti (24e après un tour et devant von Opel), il sera néanmoins victime de fortes vibrations de la voiture au niveau du train avant et le freinage commence à faiblir. Après les changements des pneumatiques au 16e tour, Teddy Pilette inquiet constate que les trépidations du train avant n’ont pas cessé : retour au stand avec perte de temps : cette fois un bon résultat semble exclu. Le seul objectif désormais est de terminer la course et d’espérer des casses de ses concurrents. Il termine 17e et dernier sous le drapeau à damiers (un an jour pour jour après sa première victoire en Formule 5000 à Oulton Park), à 4 tours du vainqueur Emerson Fittipaldi.

A sa sortie de la voiture, Teddy Pilette confiera qu’il ne voyait quasiment rien en course tant les vibrations de la voitures étaient intenses et qu’il avait le corps aussi endolori que s’il avait passé deux heures sur... un vibromasseur ! Il quittera les stands, avec la satisfaction du boulot accompli mais en regrettant sans doute de n’avoir pas pu faire mieux pour sa première course dans la discipline reine du sport automobile...

Ce sera malheureusement sa seule course cette année en Championnat. Il reviendra en Formule 1 en 1977, chez BRM, mais sans succès.

 La Brabham BT42C, Belgique 1974 :


Chez BRM, mais l'écurie vit ses derniers moments.

Teddy Pilette n’a jamais brillé en Formule 1. Ou plutôt il n’a jamais eu la chance qu’il méritait dans cette catégorie.
 
Il faut dire que pour ses deux tentatives (Brabham en 1974 et BRM en 1977), le matériel mis a sa disposition n’était pas vraiment au top. Ses deux engagements en Formule 1 se sont faits suite à des saisons en Formule 5000 britannique où il y a toujours brillé. En 1973 il y a remporté deux courses, en 1975, 4 courses avec chaque fois le titre en poche en fin de saison : 1973: Outon Park et Brands Hatch; 1975: Mallory Park 1 et 2, Thruxton et Snetterton.
 
On retrouve donc Teddy Pilette chez BRM.
BRM n’aligne qu’une voiture durant cette saison 1977. BRM a pu compter sur le soutien du sponsor Rotary Watches (qui l’abandonnera en cours de saison) et a choisi Len Terry pour concevoir la nouvelle voiture, baptisée BRM P207, qui avait conçu la glorieuse Eagle T1G. Elle sera mue par un moteur BRM V12, mais ce moteur manquera singulièrement de puissance.
 
La P207 n’a pu se qualifier depuis le début de la saison qu’une seule et unique fois - au Brésil - aux mains de Larry Perkins (qualifié en 22e position sur la grille) mais sera contraint à l’abandon sur panne moteur. Entretemps, le volant a été donné à Conny Anderson puis à Guy Edwards sans plus de succès
 
Teddy Pilette signe avec BRM pour disputer la fin de la saison. Mais l'équipe anglaise vit probablement ses dernières heures : à Silverstone, au Grand Prix précédant celui en Allemagne au quel participera Teddy Pilette, Bernie Ecclestone a suggéré à Louis Stanley de rester chez lui plutôt que de continuer à encombrer les paddocks...
De plus, l’écurie vient de perdre son sponsor-phare, Rotary Watches, lassé des résultats et qui veut même poursuivre BRM en justice pour le remboursement des sommes versées !

Sa première course, Teddy la disputera donc au Grand Prix d’Allemagne, à Hochenheim. C’est une petite révolution en Formule 1 : pour la première fois, si l’on excepte le Grand Prix de l’Avus en 1958, le Grand Prix d’Allemagne se fait sur un autre circuit que le Nurburgring... 
 
Avec 30 voitures inscrites, Pilette n'a pas eu besoin de préqualifier donc il avait amplement l'occasion de tester la voiture le vendredi et le samedi matin. Mais malheureusement, la voiture est vraiment mauvaise et Teddy Pilette ne peut pas faire mieux que la dernière place des qualifications... Sans réussir à qualifier la voiture.
 
Contraint à déclarer forfait pour le Grand Prix suivant en Autriche, BRM revient au Grand Prix de Hollande. Teddy Pilette ne parviendra toutefois pas à se qualifier, mais laisse cette fois la dernière place des qualifications au régional Mikael Bleekemolen. Interrogé sur le potentiel de la voiture, Teddy pense que la voiture n’est pas si mauvaise que ça. Voulait-il faire plaisir à ses patrons ou le pensait-il vraiment ?
 
Mais pas de miracle pourtant pour la course suivante en Italie : Teddy Pilette ne parviendra toujours pas à se qualifier.
Louis Stanley, le propriétaire du team décide alors de jeter l’éponge : il revend sa structure à John Jordan. C’est aussi la fin de l’aventure BRM en Formule 1, qui avait fait sa première course en 1951 et avait remporté les titres de Champion du monde de Pilotes (Graham Hill) et des Constructeurs en 1962...
 
On retrouvera pourtant encore la BRM P207 aux mains de Pilette en 1978 dans le Championnat Aurora AFX, sorte de Championnat anglais de Formule 1 de seconde division. A Oulton Park, Teddy a signé sa meilleure course avec la voiture:  il terminera 4e de la course et y signera le tour le plus rapide !
 
La P207 souffrait surtout de problèmes de fiabilité liés aux soupapes au sodium, au vieillissement des alliages et autres matériaux dont l’existence remontait à quelques années auparavant. Teddy Pilette confiera qu'après y avoir remédié, ses engagements en F1 Aurora furent plus probants. Et il aurait de son propre aveu pu briguer les qualifications en GP. 

 La Stanley-BRM P207 de 1977 :


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