Français    Nederlands    
 


Patrick Nève (1976-1979)     Print

 Présentation 

Patrick Nève de Mévergnies est né à Liège le 13 octobre 1949 et décédé le 12 mars 2017 à Grez-Doiceau, à l'âge de 67 ans.

Depuis le début de la saison 1969, et suite au décès en essais au Mans de Lucien Bianchi, et jusqu’en ce début de saison 1976, Jacky Ickx y aura été notre unique représentant en Formule 1, si l’on excepte le GP de Belgique à Nivelles de 1974 où Teddy Pilette y avait fait une course au volant d’une Brabham BT42. A cette époque, le meilleur de la carrière en monoplace de Jacky Ickx se trouvait déjà derrière lui, et la Belgique lui cherchait un successeur.

Mais depuis le début des années 70’s, la Formule 1 devenait de plus en plus chère. Après l’arrivée de sponsors sur les carrosseries en 1968, amenant un peu d’argent dans les caisses, de plus en plus de patrons d’écurie n’ont pas vraiment le choix d’engager des pilotes payants leur baquet. Le phénomène tant décrié aujourd’hui n’est donc pas neuf, puisque qu’il y a 40 ans, c’était déjà le cas. Même Niki Lauda, le triple champion du monde, a commencé sa carrière de Formule 1 en payant son baquet, avant de démontrer son talent sur les circuits.

Pour ce début de l’année 1976, seuls trois pilotes issus de formules inférieures (essentiellement la Formule 3) ont pu débuter en Formule 1 sans devoir amener un budget : Günnar Nilsson, Larry Perkins et... Patrick Nève.

Patrick Nève manque cruellement de moyens pour se lancer dans le sport automobile. Après avoir suivi des cours de pilotage à la très réputée école de pilotage Jim Russel, il parviendra néanmoins à réunir un petit budget pour se lancer en Formule Ford. Il y décrochera le titre en 1974. Fort de ce succès, il se lance en Formule 3 dans diverses monoplaces et parvient à terminer 2e de sa première course, à Thruxton, et surtout 2e de la prestigieuse épreuve de Monaco.

Des tests qui ne passeront pas inaperçus.

Invité pour des tests en hiver 1975-1976 sur des Formules 1 et Formules 5000, il y fera sensation. Sur la March 75A de Formule 5000, Patrick Nève, en 9 tours seulement, n’était, pour son meilleur tour, qu’à 1/10e de seconde du meilleur temps d’Alan Jones, pilote titulaire de cette écurie en 1975, et qui connaissait forcément la voiture. Cet exploit ne passa pas inaperçu : Bernie Ecclestone le convoqua, lui et Gunnar Nillson pour des tests sur une Brabham BT44 de Formule 1. Surclassant Nillson, Bernie lui proposa un volant sur la Brabham BT44 de l’année suivante, pour les courses européennes, en miroitant aussi la proposition de l’incorporer dans son team Martini l’année suivante, team qui avait fini deuxième au Championnat des Constructeurs en 1975 en offrant deux victoires à ses pilotes, au Brésil pour Carlos Pace et en Allemagne pour Carlos Reutemann... sur Brabham BT44B !

Patrick Nève eu l’occasion de tester les voitures de Formule 1 des écuries BRM, Williams, Brabham et Surtees.
Il testera ainsi la nouvelle version de la BRM P201, la P201B, prévue pour la saison 1976.

La P201 date déjà de... 1974. L’écurie BRM est déjà sur le déclin, bien loin du début des années 60 quand, en 1962, Graham Hill apportait à l’écurie un titre de Champion du Monde des Conducteurs (et dans la foulée, un titre de Champion du Monde des Constructeurs).

En tout début de saison 1974, Jean-Pierre Beltoise avait bien réussi à amener sa voiture sur le podium au premier Grand Prix en Afrique du Sud (2e) mais la suite de la saison sera une lente descente aux enfers. Seul le 3e Grand Prix, en Belgique, lui permettra d’encore inscrire des points (ceux de la 5e place). Aucun point ne sera marqué par l’écurie en 1975 (qui ne présente pour cette saison qu’une seule voiture, la 14, pilotée par Mike Wilds pour les deux premiers Grands prix de la saison, puis par Bob Evans pour la suite de la saison.

C’est donc une voiture un peu “au bout du rouleau” que testera Patrick Nève en ce début de saison, en février 1976 à Silverstone, et les adaptations pour 1976 ne seront pas suffisants, loin de là.
C’est Ian Ashley qui sera désigné pilote titulaire pour 1976. Mais il ne fera qu’une seule course, au Brésil, où, parti de la 21e place, sera contraint à l’abandon sur problème de pompe à huile. L’écurie sera forfait pour la course suivante, en Afrique du Sud, elle ne disputera plus aucun autre Grand Prix de la saison. La P201B se retrouvera pour une ultime course en 1977, aux mains de Larry Perkins en Afrique du Sud : parti 22e sur la grille, il terminera à une anonyme 158e place à l’arrivée.

Pour la suite de la saison 1977, BRM présentera une nouvelle monoplace, la P207, qui sera pilotée entre autres par Teddy Pilette en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie, mais sans réussir à se qualifier. BRM renoncera à la Formule 1 en fin 1977, après une saison catastrophique (voir partie consacrée à Teddy Pilette).

 La BRM P201B de 1976 :



C’est sur la très belle BT45 que Patrick Nève eut l’occasion de rouler pour l’écurie de Bernie Ecclestone, en démonstration sur le futur circuit urbain de Birmingham, le dimanche 1er février 1976.

En effet, un circuit provisoire avait été créé dans la ville anglaise, avec l’ambition non dissimulée de promouvoir le circuit : celle de concurrencer Monaco, rien que ça !

Une vidéo de promotion de cet événement a été retrouvée sur le web : vous pouvez la visionner ici :

  

Pour en revenir à la Brabham BT45, conçue par l’ingénieur sud-africain Gordon Murray, elle était mue par le moteur Flat 12 cylindres d’Alfa Romeo. Dans une belle livrée rouge, avec également les couleurs de son sponsor principal Martini, elle était particulièrement bien réussie esthétiquement.

En ce qui concerne ses résultats en 1976, ils furent mitigés : souffrant de problèmes de fiabilité, notamment du moteur, les Brabham ne purent faire mieux que trois 4e place durant la saison. Les deux saisons suivantes, Brabham alignera deux évolutions de la BT45 : la BT45B en 1977 et la BT45C en 1978 pour deux Grand Prix, avant de céder la place à la BT46.

Les résultats de la BT45B et C furent plus probants : deux secondes places et autant de troisièmes pour la B, une seconde place et une troisième pour les deux courses de Niki Lauda sur la BT45C en 1978.

 La Brabham BT45 de 1976 :


 

Ram-Brabham BT44B : c'est sûr qu'il aura... RAMé ! 

Ceci dit, fort de ses performances aux tests, il obtint quelques propositions pour courir en Formule 1 en 1976. Mais finalement, c’est l’offre de Bernie Ecclestone qu’il retiendra. Il sera pilote de réserve dès le début de la saison et pilote titulaire pour les Grand Prix en Europe. De même il est prévu qu’il participe sur la RAM à deux courses hors championnat : course des Champions et l’International Trophy. Il terminera ces courses respectivement à la 7e et 11e place finale.

Par rapport à la voiture employée au GP de Belgique et illustrée ci-contre, les voitures employées pour les deux courses hors championnat utilisaient une prise d’air moteur imposante, située juste derrière le pilote.

L’écurie RAM est une petite écurie. Elle s’est équipée de Brabham BT44B privées, mues par le Ford Cosworth. Hélas, la Formule 1 coûte cher, et RAM l’apprendra à ses dépends. La Brabham déjà dépassée cette année et surtout manquant de développement, l’écurie ne signera, cette année, aucun résultat probant. L’écurie ne disputa finalement pas les trois premiers grands prix non européens et lors du Grand Prix d’Espagne, c’est le “régional de l’étape” Emilio de Villotas, qui, contre espèces sonnantes et trébuchantes, occupera le baquet de la voiture 33. Mais ni lui, ni Loris Kessel sur l’autre voiture ne purent se qualifier.

Patrick Nève héritera enfin de la voiture pour la course suivante, son Grand Prix national, en Belgique. A l’époque, les courses de Formule 1 ne se faisaient plus à Spa, mais à Zolder dans la partie flamande du pays. Patrick Nève se qualifiera à une excellente 19e place sur 29 inscrits. Cette 19e place restera la meilleure performance d’une RAM aux essais en cette saison 1976. Il fit mieux que son équipier Kessel qui ne dut se contenter que de la 23e place sur la grille.

A noter que malheureusement, au grand désespoir du public belge présent à Zolder, il n’y aura pas deux pilotes belges sur la grille : Jacky Ickx n’étant pas parvenu à qualifier la très capricieuse Wolf-Williams sur la grille : il échouera à la 28e place, derrière Emerson Fittipaldi, non qualifié lui aussi pour cette course !

Patrick Nève fut néanmoins malheureusement contraint à l’abandon au 26e tour de ce Grand Prix de Belgique, alors qu’il occupait à cet instant la 17e position temporaire, sur problèmes de transmission, alors que Kessel parvenait à amener la Brabham à l’arrivée à une modeste 12e place. Cette place ne sera pas améliorée par l’écurie tout au long de la saison.

Patrick Nève n’eut plus l’occasion de rouler pour RAM en 1976 : les pilotes payants se succèderont au volant du baquet de la 33 pour amener de l’argent à l’écurie : Jac Nellemann, Damien Magee et aussi Lella Lombardi, femme-pilote de Formule 1, mais qui ne parviendra qu’à se qualifier qu’une seule fois sur les trois courses auxquelles elle participera pour RAM en 1976.

Patrick Nève décida de quitter RAM en juin 1976, juste après le Grand Prix de Suède pour lequel il avait été remplacé par le suédois Nellemann, comprenant qu’on ne lui donnerait plus sa chance.

 La RAM-Brabham Ford BT44B de 1976 :


Interlude chez Ensign

Déçu de ne pas avoir pu courir tous les Grands Prix européens chez RAM - Brabham comme c’était initialement prévu, Patrick Nève décide de quitter l’écurie. Il a reçu une offre du Patron de l’écurie Ensign, Morris “Mo”Nunn, qui cherche à remplacer son pilote Chris Amon, blessé lors du Grand Prix de Suède suite à un bris de suspension, pour le Grand Prix de France au Castellet.

La voiture est relativement neuve (elle n’est apparue qu’en cours de saison 1976) et, si elle est esthétiquement bien réussie, elle est nettement moins performante en piste en encore bourrée de défaut, et surtout inconstante et peu fiable. Si avec la N174 Chris Amon avait réussi le petit exploit de ramener 2 points à l’écurie en début de saison, la N176 allait s’avérer être une voiture ratée. Ni Chris Amon, Ni Patrick Nève et ni Jacky Ickx qui la pilotera pour la fin de la saison, ne parviendront à engranger le moindre point, et sur les huit courses que fera la N176, cinq se solderont par des abandons. Patrick Nève, en proie à de nombreux ennuis techniques et sur une voiture (et un circuit) qu’il ne connaissait pas, a réussi le petit exploit de qualifier la voiture sur la grille de départ. A noter que cette fois, au contraire du Grand Prix de Belgique, Jacky Ickx a pu qualifier sa Wolf-Williams Ford : il y a donc deux pilotes belges sur la grille de départ, la première fois depuis le Grand Prix de Belgique 1974 à Nivelles (Teddy Pilette et Jacky Ickx au départ).

Pourtant il n’a pu faire que 20 tours, essais libres compris, pour parvenir à se qualifier en 26e - avant dernier - sur la grille de départ. Et encore, pour ses tours de qualifications, il fut limité à une demi-douzaine de tours. En course, il s’avéra que la voiture était mal réglée et elle n’avançait pas en ligne droite. Patrick Nève essaya de compenser cet handicap autant qu’il le put, en pratiquant une conduite à la limite des possibilités de la voiture... Limites parfois malheureusement dépassées, il s’offrit aussi quelques frayeurs avec quelques têtes à queues...

Néanmoins, il parvint à rallier l’arrivée, en 18e position mais bon dernier aussi, à un tour du vainqueur, James Hunt, futur champion du Monde cette année-là.<br>Finalement cette expérience ratée chez Ensign joua plus en sa défaveur qu’autre chose. Patrick Nève, qui n’aura plus l’occasion de rouler en Grand Prix durant cette saison 1976 sera jugé au final sur seulement deux courses.<br>Il eut encore l’occasion cette année-là de tester la Brabham BT45 de Bernie Ecclestone, mais les portes de la Formule 1 allaient être difficile à ouvrir pour lui en 1977. En effet, après ces deux passages infructueux chez RAM-Brabham et chez Ensign en 1976, Patrick Nève se retrouve sans volant en 1977.

 L'Ensign 176, France 1976 :


Chez Williams avec Gueuze Belle-Vue : non peut-être !

Patrick Nève a l’occasion de courir en Formule 2 pour la première course à Silverstone chez March, sur une March772P-BMW d’usine. Il y fera des étincelles et y marquera les esprits. Pour sa première course dans la catégorie, il prit la tête de la course, avant qu’une roue ne se détache, l’obligeant à un passage aux stands. Il terminera néanmoins 3e de la course et y signa le tour le plus rapide en course. Tous les observateurs de la Formule 1 avaient été impressionné par le talent de ce jeune Belge.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, Constant Vanden Stock, en véritable mécène et amateur d’exploits sportifs, propriétaire des brasseries Belle-Vue à Anderlecht (et aussi celui du club de football RSC Anderlecht, à une époque où le club faisait encore peur en compétitions internationales) décide d’aider financièrement Patrick Nève. Fort de ce soutien, il signe un contrat avec Frank Williams qui désire se lancer en Formule 1 avec sa propre écurie. Le “mariage” avec Wolf en 1976 ne s’était pas déroulé de la meilleure façon qui soit : désormais, il désire être seul maître à bord.

Ayant engagé une March 761, Frank Williams cherche aussi un pilote... Mais aussi une aide financière : dans ce cadre, Patrick Nève, et les dollars amenés par Belle-Vue sont une aubaine. D’autres sponsors belges viendront bientôt s’associer : les assurances Assubel entre autres. La voiture sera donc décorée aux couleurs de la célèbre brasserie belge, et cela donne une belle voiture très esthétique. Malheureusement, la March 761, datant de 1976, s’avère être dépassée par la concurrence. De plus, Frank Williams ne développe que très peu la voiture, préférant déjà penser à 1978, année pour laquelle il compte bien développer son propre châssis.

Avec le recul, on se rend compte que Frank Williams a utilisé Patrick Nève et l’argent qu’il amenait sans jamais donner une voiture suffisamment compétitive à Patrick. Malheureusement il ne sera pas repris dans l’écurie en 1978, Frank Williams lui préférant Alan Jones. Il perdra aussi le sponsorship de Belle-Vue. Sans doute aurait-il mieux valu que Constant Vanden Stock investisse avec Patrick Nève en Formule 2 en ce début d’année 1977, pour continuer sur sa lancée de la superbe course de Silverstone. Il aurait pu de fait être bien placé pour un volant - d’une voiture compétitive - en 1978.

Après avoir testé la Brabham BT45 en tout début de saison (voir avant), Patrick Nève a été à deux doigts de signer un contrat avec Bernie Ecclestone en 1977 (qui ne l’avait pas oublié, malgré sa mésaventure chez RAM), pour remplacer son pilote Carlos Pace qui venait de décéder d’un accident d’ULM au Brésil... Hélas ! Patrick venait juste de signer son contrat avec Frank Williams... Sans ça, qui sait ce qu’il aurait fait au volant de cette voiture nettement plus compétitive capable, si pas de gagner des Grands Prix, au moins de faire des podiums...

Revenons à la saison 1977 avec Frank Williams. Patrick Nève fera sa première course (la première course pour l’écurie Williams aussi) en Espagne, à Jarama. Qualifié en 22e place sur la grille, il amena sa voiture en 12e place à l’arrivée, à 4 tours du vainqueur Mario Andretti sur Lotus Ford. Après avoir fait l’impasse sur le Grand Prix de Monaco, la jeune écurie se retrouve en Belgique, à Zolder. Patrick Nève court donc chez lui. A noter la présence d’un autre Belge, Bernard de Dryver, aussi sur une March 761 privée, mais il n’arrivera pas à qualifier la voiture pour son Grand Prix national. Patrick Nève, lui, qualifiera sa voiture en 24e position, pour terminer à une encourageante 10e place.

Pas vraiment d’amélioration en Suède : qualifié en 20e place sur la grille, il terminera 15e. En France, il ratera la qualification et ne participa donc pas au Grand Prix. La qualification fut difficile aussi en Angleterre, mais il parvint in extremis a arracher la 26e et dernière place sur la grille, pour finir une nouvelle fois 10e, mais à deux tours du vainqueur James Hunt. Le miracle ne put se répéter en Allemagne, où il échoua à la 27e place des qualifications, la première éliminatoire. A noter la présence de son compatriote Teddy Pilette, mais qui ne pourra rien faire pour qualifier une BRM P207 complètement dépassée.

En Autriche, il parviendra à qualifier la voiture en 22e position et de terminer 9e, cette fois à un tour du vainqueur Alan Jones sur Shadow Ford. Au Grand Prix de Hollande, Patrick échoua à nouveau en qualifications à la 27e place.

Le Grand Prix d’Italie 1977 sera son meilleur résultat de la saison... et de sa carrière en Formule 1. Qualifié en 24e position sur la grille, il profitera de nombreux abandons pour terminer 7e, première place hors des points, ce qui est toujours frustrant, mais à deux tours du premier (Mario Andretti) mais aussi et surtout du 6e. A noter qu’à partir de ce Grand Prix, la March sera affublée d’un nouveau aileron avant, plus conventionnel.

Les deux derniers Grands Prix de la saison, en Amérique du Nord, seront à nouveau décevants. Même si Patrick Nève parvint à se qualifier et au Grand Prix des USA (24e) et à celui du Canada (21e), il dut se contenter de la 18e place finale aux States, alors qu’il sera contraint à l’abandon (le seul de la saison) sur problème moteur. Le Grand Prix du Canada sera son dernier Grand Prix pour Williams et son dernier Grand Prix en Formule 1...

 La Williams-March761 Ford de 1977 :


Dernières tentatives désespérées pour retourner en Formule 1. 

Il tentera bien de revenir en Formule 1 au Grand Prix de Belgique 1978 sur une March 781S privée, mais sans réussir à se préqualifier.

Durant l'hiver 1978-1979, Patrick Nève testera et préparera la Kaushen Wk1. Le constructeur allemand Willi Kauhsen déjà présent en Formule 2 en 1976 et 1977, a souhaité se lancer dans la construction d’une Formule 1.

En Formule 2, la voiture était déjà plus que moyenne, mais elle aura permis en 1977 à Alain Prost de se mettre en évidence, en dominant son équipier Michel Leclère, un autre français qui avait pourtant de l’expérience, même en Formule 1. En 1976, il avait été équipier de Jacky Ickx sur la Wolf-Williams FW05.

Pour 1979, Kaushen prévoit de partir d’un châssis inspiré de la Lotus de 1978, dessinée par Klaus Kapitza. On demandera à Patrick Nève de faire les tests de pré-saison, au Castellet. Ce dernier sort de trois saisons de Formule 1.

A la recherche d’un volant pour 1979, il acceptera donc, avec l’aide de ses sponsors de tester et de mettre au point la future WK1 de Kaushen. La voiture fut la raillerie de nombreux pilotes dont Nikki Lauda, qui répétait que la voiture ne pourrait jamais être efficace et que son concept était voué à l’échec. Les sponsors de Patrick Nève, voyant que les résultats ne suivaient pas, décidèrent de quitter le navire. Patrick Nève ne pilotera plus en Formule 1, ni pour Kaushen, ni pour une autre écurie ni en 1979, ni après.

Kaushen engagera Gianfranco Briancatelli pour la saison 1979, mais ce ne seront finalement que deux courses auxquelles la WK participera. Enfin, essayera de participer, puisque le pilote italien ne parviendra pas à se qualifier, ni pour le Grand Prix d’Espagne, ni pour le Grand Prix de Belgique. L’écurie jettera l’éponge ensuite et sera revendue à Arturo Merzario, qui sous le nom éponyme, n’aura pas vraiment plus de succès que son prédécesseur, avec un châssis A2.

 La Kaushen WK1 de 1979 :


<<<