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Bernard de Dryver (1977 - 1979)     Print

 Présentation 

Bernard de Dryver, né le 19 septembre 1952 à Ixelles (Bruxelles), a toujours été attiré par le sport automobile. A l’âge de 6 ans déjà, il voulait être pilote automobile.

Comme son illustre successeur Thierry Boutsen le fera un peu plus tard aussi, il s’inscrit au cours de pilotage de l’école fondée par l’ancien coureur automobile et pilote de Formule 1 André Pilette. 

Ses bons résultats lui permettent de participer à une course en Formule VW au volant d’une voiture de Pilette, pour se lancer dans la catégorie avec l’écurie suisse Oracle Hot Racing en 1973.

Le père de Bernard de Dryver possède plusieurs magasins d’articles ménagers dans plusieurs villes en Belgique. Il est aussi importateur en Belgique de la marque de HiFi Bang & Olufsen. A ce titre, il jouera un rôle au Grand Prix de Belgique à Nivelles de 1974 : le fait que le sponsor-phare de l’événement soit Bang and Olufsen, c’est au père de Dryver que l’on le doit. A plusieurs reprises il rencontrera aussi Bernie Ecclestone, alors team principal de l’écurie Brabham.

Son père s’arrangera avec le manufacturier danois pour trouver un peu de budget pour le fils. On le retrouvera en 1975 en Formule 2 dans l’équipe Bang & Olufsen - Michel Vaillant. Les résultats sont assez médiocres : 3 points inscrits sur la saison suite à une 5e place à Rouen-les-Essarts et une 6e à Mugello. En 1976, toujours dans la même écurie c’est pire encore : il ne se qualifiera que pour une seule course, à Thruxton. Il ne terminera que péniblement à la 13e place. Le matériel était dépassé, en 1976 surtout.

En 1977 on le retrouvera Dans l’équipe de Bill Gubelman et Bob Gerard : ici aussi il ne parviendra à ne ramener qu’un maigre point de la saison, celui de la 6e place à Mugello. Mais ces moyens étaient limités : là ou des prétendants au titre et soutenus par Renault et Elf (Pironi, Arnoux...) disposait de 3 trains de pneus par course, de Dryver devait se contenter d’un seul train pour deux courses ! Le budget de de Dryver n’était que d’un million de francs belges pour toute la saison,  eux avaient un budget de plusieurs millions par voiture ! Inutile dès lors d’espérer quoi que ce soit... 

March... ou crève ! 

C’est cette année 1977 que Bernard de Dryver tentera sa chance en Formule 1. Pour le Grand Prix de Belgique, toujours aidé par son sponsor de matériel HiFi Bang & Olufsen et d’autres, il loua à Brian Henton qui avait monté en cette année 1977 sa propre écurie, une March 761B pour le Grand Prix de Belgique pour la somme d’environ 500.000 francs belges de l’époque (12.500 euros). Cette voiture avait été elle-même rachetée à March Engeneering avec le moteur Cosworth.

Avant le Grand Prix de Belgique, à Zolder, Henton n’avait disputé qu’une seule course, en Espagne, et n’était pas parvenu à se qualifier. Étant dernier des March privées, cela ne s’annonçait pas vraiment de bon augure pour Bernard de Dryver en Belgique.

Le petit circuit de Dongton Park avait été loué la semaine précédent le Grand Prix pour des tests sur la voiture et la mise au point. Mais la voiture s’avéra rapidement être mauvaise avec un comportement erratique et problématique du train avant. Le week-end du Grand Prix allait s’annoncer difficile...
Pourtant, le vendredi, aux premiers essais, les choses se passèrent de façon plus que satisfaisante : de Dryver était plus rapide que tous les autres pilotes de  March privées.

Malheureusement le samedi allait s’annoncer plus difficile. Dans un tour rapide alors qu’il venait de mettre son train de pneus de qualifications, l’échappement cassa : de ses rétroviseurs, Bernard de Dryver aperçu des flammes sortir de son capot moteur à l’arrière : contraint à s’arrêter dans la ligne droite des stands, il perdit de nombreuses minutes pour la réparation. Il faut dire qu’il n’avait aussi qu’un seul et unique mécanicien dévolu à sa cause, alors que les top teams en comptaient plusieurs dizaines par pilote.

Bref, il ne franchira pas le cap des qualifications (pour six ou sept dixièmes de secondes seulement) : seul le Mexicain Hector Rebaque sur Hesketh Ford, fit un temps plus mauvais que lui. Même la très mauvaise BRM P207 fit un meilleur temps aux mains du Suédois Conny Anderson. A propos de Suédois, pour la petite histoire, c’est Gunnar Nilsson qui remportera la course, sous la pluie, sur une Lotus Ford. Ce fut là sa seule et unique victoire.

 La March 761B du Grand Prix de Belgique 1977 :


Ensign... du destin ! 

En 1978, Bernard de Dryver poursuit son aventure en Formule 2 sans grand succès avec l’écurie de Bob Salisbury. Fin mai, il reçoit une nouvelle opportunité de rouler en Formule 1, cette fois avec l’écurie Ensign.

Depuis 1976, Jacky Ickx a participé pour quelques courses pour l’écurie : 4 des 5 dernières courses en 1976, Monaco en 1977 et en 1978 : il va encore en disputer trois autres, dont le Grand prix de Belgique.

Soutenu par le sponsor des cigarettes Belga, qui souhaite voir confier une seconde Ensign à Bernard de Dryver, afin d’avoir les deux pilotes belges dans la même écurie : quel coup de pub !
Et ça marche : toutes les portes s’ouvrent, les sponsors suivent, il faut dire que la présence de Jacky Ickx est évidemment un atout non négligeable ! Côté spectateurs aussi, on enregistre une nette augmentation des réservations du Grand Prix de Belgique, à Zolder, quelques semaines plus tard. Bernard de Drijver racontera plus tard qu’il retient de sa collaboration avec Jacky Ickx que ce dernier, s’il est bien évidemment un pilote très talentueux, il n’en reste pas moins limité quant au bagage technique : Bernard dira qu’il lui était sur ce point nettement supérieur.

Mais l’Ensign N177 était vraiment une mauvaise voiture et qui datait de 1977 de surcroît. Les résultats de l’écurie sont très médiocres.

Mais deux semaines avant le Grand Prix, un funeste coup du destin : le père de Jacky Ickx décède. Au moment où il l’apprend, Bernard de Dryver effectue des essais privés pour le compte de Goodyear.
Une clause du contrat stipulait que Jacky Ickx devait être présent tout le week-end à Zolder : cela n’était plus le cas puisque Jacky Ickx avait dû bien évidemment rejoindre sa famille auprès de son père décédé. Le deal fut abandonné, mais Belga honora toutes les dépenses liées à l’abandon du projet. Finalement, Jacky Ickx fut bien présent à la course mais c’était trop tard pour Bernard de Dryver. Parti 22e sur la grille, Jacky Ickx terminera 12e de la course... à 6 tours du vainqueur, Mario Andretti sur Lotus-Ford.

Bernard de Dryver se tourna vers la formule Aurora AFX, sorte de championnat de Formule 1 de seconde division anglaise dont les courses étaient pour la plupart courues sur les circuits anglais. Il termina 4e de ce championnat, grâce entre autres à 4 podiums. Il signa aussi une pole position.

Grâce à ce résultat il eut l’occasion de courir en course en Formule 1 lors de la course des Champions de 1979. (A suivre)

 L'Ensign N177 du Grand Prix de Belgique 1978 :


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